dimanche 29 janvier 2017

Un rio de luchas le 11 Février 2017 - Communiqué Unitaire


Communiqué unitaire qui sera signé sur place ou par mail

Comité de solidarité avec Cajamarca, Collectivo de Peruanos en Francia, 
France Amérique Latine, Frente Amplio, Ayni France

« UN RIO DE LUCHAS »
AGUA SI ! ORO NO !
CONGA NO VA !


Paris, 11 février 2017

La lutte emblématique de la population de Cajamarca (Andes nord du Pérou) contre le projet Conga de l’entreprise Yanacocha (Newmont-Buenaventura-Banque mondiale), par son ampleur et sa durée, son unité, ses répercussions et ses succès, a marqué l’histoire du mouvement social péruvien et provoqué une vague de solidarité internationale.

Le 10 février 2012, après une avoir parcouru 800 km, la marche de l’eau, symbole d’unité et de convergence des luttes, partie des lacs d’altitude de Cajamarca arrivait à Lima.
Le même jour à Paris, se tenait la première réunion unitaire à la Maison de l’Amérique Latine qui allait donner naissance au Comité de solidarité avec Cajamarca et à un vaste mouvement de solidarité porté par des citoyens, des personnalités et de nombreuses organisations sociales, syndicales et politiques démocratiques françaises.

5 ans après, nous commémorons cette « geste héroïque » en rappelant ses moments forts, en rendant hommage au courage, à la dignité des femmes et des hommes, acteurs directs de la lutte, qui ont, grâce à leur détermination, leur unité et leurs organisations, réussi à « freiner le géant ». Malgré la répression et le processus de criminalisation, les procès et les intimidations, la mort de cinq opposants, les états d’urgence et la militarisation de la zone, ils ont poursuivi leur lutte sur tous les terrains y compris politique, jusqu’à ce jour.

C’est aussi l’occasion de nous interroger sur le bilan de cette mobilisation pour la défense de l’eau, de son lien avec les autres luttes socio-environnementales au Pérou (Espinar, Las Bambas, Tia Maria) et en Amérique latine (Berta Caceres au Honduras, Le MAB contre les barrages au Brésil) et de tirer les leçons de notre expérience de solidarité internationale.

Après la COP 20 et le sommet des peuples à Lima en 2014, la COP 21 et le sommet citoyen de Paris en 2015, les élections régionales et présidentielles au Pérou en 2016, le nouveau contexte socio-politique international et national est malheureusement peu favorable au respect du droit à l’eau et au droit à la consultation préalable libre et informée (Convention 169 de l’OIT) des populations autochtones et à leur conception de vie et de développement différents, en harmonie avec les autres et la nature.

La politique du nouveau Président Pedro Pablo Kuzcynski s’inscrivant dans la continuité économique et politique du néolibéralisme, laissant les mains libres aux multinationales extractivistes et au saccage irréversible des ressources naturelles du pays au mépris de la santé et de la vie des populations, de la souveraineté et de sécurité alimentaire, bafouant le droit à l’eau reconnu internationalement comme partie intégrante des droits humains depuis 2010, ne peut qu’entrainer une intensification des conflits socio-environnementaux, la résistance des populations affectées, et de nouveaux processus de criminalisation des mouvements sociaux et de répression.

Si nous vivons une situation d’urgence écologique au niveau planétaire, la problématique de l’eau au Pérou, l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique au niveau mondial, et où 6 à 7 millions d’habitants n’ont pas accès à l’eau et à l’assainissement, est un enjeu vital pour l’avenir. Les conséquences désastreuses des dérèglements climatiques enregistrées en 2016 sous forme de catastrophes naturelles, (sécheresse et incendies ou au contraire inondations) d’un côté, l’accaparement et la contamination de l’eau et des territoires par les multinationales minières extactivistes, ne font qu’exacerber les contradictions.

A Cajamarca, Maxima Acuna, prix Goldman 2016, est toujours menacée et « séquestrée » par la mine, le Projet Conga toujours officiellement « suspendu », est actuellement « encerclé » par le démarrage d’autres projets extractivistes miniers (Galeno, Coimolache, Tantahuatay-Conga, Zanja, Gold Fields , Shahuindo) dans la région qui ont reçu le feu vert du gouvernement.
Les gardiens des lacs poursuivent leurs inspections régulières et dans la province de Hualgayoc, les dirigeants du Front de défense environnemental de Bambamaca lancent un appel à une grève régionale pour le 25 mai prochain.

Dans ce nouveau contexte, les populations et les membres des rondes paysannes, ayant acquis un degré de maturité et de conscience sociale et écologique élevée à travers les cinq années de lutte, sont disposées à poursuivre et élargir leurs luttes. Notre solidarité toujours active sera nécessaire et la vigilance s’impose.

Réunies à Paris, pour l’évènement « UN RIO DE LUCHAS « , les organisations signataires tiennent à remercier chaleureusement les citoyens et personnalités politiques, les organisations syndicales, sociales et démocratiques ayant soutenu activement cette lutte en France pendant les 5 dernières années.

Elles appellent à poursuivre la solidarité en maintenant vigilance et unité pour la défense des droits environnementaux et humains au Pérou,

Elles se prononcent pour la convergence des luttes contre l’extractivisme et contre la corruption généralisée des multinationales symbolisée par l’entreprise brésilienne Odebrecht.

Pour le respect du droit à l’eau et du droit à la consultation préalable des populations autochtones,
Non à l’accaparement, la contamination et la marchandisation de l’eau


L’EAU C’est la vie !
Une goutte d’eau ne sera jamais une rivière,
une rivière est composée de myriades de gouttes d’eau
C’est l’union de ces innombrables gouttes qui créent le flot
le véritable courant de la vie réside dans l’union ...


comitesolidaritecajamarca@gmail.com

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